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Les yeux d’un recruteur

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En quête de talent. Voilà notre recherche fondamentale. Les habiletés des joueurs sont désirées, certes, mais le talent n’est pas tout. Ça prend bien plus que cela pour percer au hockey semi-professionnel, puis professionnel.

Chers jeunes joueurs, chers parents, chers amateurs de hockey, dans les prochains instants, vous découvrirez un aperçu de ce que j’observe en tant que dépisteur qui me permet d’évaluer un joueur de hockey dans les divers aspects de sa game. Quelques détails techniques ont été mis de côté par souci de compréhension. Sachez que l’essentiel y est pour que vous compreniez le contenu. Chaque dépisteur est unique et l’organisation pour laquelle il travaille l’est tout autant. Les critères d’évaluation varient selon la philosophie d’équipe. Il ne faut donc pas généraliser mes propos. Malgré tout, le texte suivant vous donnera une bonne idée de ce à quoi un dépisteur de la LHJMQ peut s’attarder durant les matchs auxquels il assiste.

Commençons avec la situation de jeu où le joueur est le plus mis en évidence: la possession de rondelle.

On regarde si le joueur a des habiletés pures, communément appelées «skills». Est-il capable de déjouer un défenseur à un contre un? Réussit-il ses feintes pour déjouer ses adversaires? Son taux de réussite est-il acceptable ou problématique? En espace restreint, est-il capable de conserver la rondelle et de ses défaire de ses pourchasseurs? Est-il doué pour déjouer le gardien et pour marquer des buts? Les réponses à ces nombreuses questions permettent d’évaluer les habiletés du joueur.

De plus, on regarde si son maniement de rondelle est adéquat. Est-il capable de transporter la rondelle de façon fluide et sécuritaire? Ses mouvements sont-ils coordonnés? Protège-t-il la rondelle adéquatement lorsqu’il est sous pression? A-t-il tendance à devenir plus nerveux et à précipiter ses jeux quand il se sent pressé par l’adversaire? Ces aspects nous permettent d’évaluer la qualité de ses mains, sa patience en possession de rondelle ainsi que sa résistance au stress.

Un autre aspect fort important est la prise de décisions.

D’abord, on se demande: sa prise d’informations est-elle bonne? Avant même d’avoir la rondelle, le joueur est-il conscient du positionnement de ses joueurs et des adversaires? A-t-il tourné sa tête pour voir les joueurs qui se cachent derrière lui? Une bonne prise de décisions commence par une bonne prise d’informations. Par la suite, on cherche à savoir si le joueur est capable de prendre sa décision rapidement. Encore plus important: prend-il la bonne décision? Est-il hésitant ou autoritaire avec la rondelle? Utilise-t-il l’espace disponible quand il en dispose? Passe-t-il sa rondelle au bon moment? Décoche-t-il ses tirs au bon moment? Utilise-t-il le bon type de lancer dans une situation de jeu X ? Est-il constant dans la qualité de sa prise de décision? Les réponses à ces questions nous permettent d’évaluer le sens du hockey chez les joueurs (hockey sense). La constance est un idéal à atteindre, ce qui s’avère être un défi encore plus prédominant chez les jeunes joueurs. Il est important que le joueur nous prouve qu’il s’adapte aux situations devant lui et qu’il performe de façon constante soir après soir. Ça peut arriver d’avoir un moins bon match de temps à autre. Même dans ce contexte, on cherche à voir si le joueur trouve une autre façon d’aider l’équipe. On regarde s’il est autant efficace qu’à l’habitude en zone défensive ou s’il coûte cher à son équipe en termes de revirements et de couverture défensive.

Une autre partie du jeu évaluée est la création de jeux.

Le joueur est-il en mesure de se créer des chances de marquer? A-t-il besoin des autres pour le rendre meilleur ou, dans le cas contraire, est-il capable de rendre ses coéquipiers plus menaçants? Repère-t-il ses coéquipiers en zone offensive? Inévitablement, le hockey sense ressortira quand il sera question de fabriquer des jeux. Les joueurs normaux feront des jeux de routine, alors que les joueurs dominants offensivement verront des occasions et des ouvertures là où les autres n’en voient pas. Au hockey mineur, si le joueur a plusieurs occasions, mais ne concrétise pas, ce n’est pas la fin du monde. Il ne faut pas virer fou avec les statistiques. À force de jouer de la bonne façon, ils finiront pas récolter les fruits de leurs efforts.

L’intelligence sur la glace donne un avantage aux joueurs qui la possèdent.

Il est évident qu’ils doivent s’en servir. Toutefois, les jeux de routine sont souvent plus appropriés pour la majorité des joueurs lors d’un match. Même si un joueur est doté d’habiletés hors du commun, il y a des situations propices pour exécuter une feinte spectaculaire. Il faut savoir les identifier, ces situations. Dans le cas où le joueur ne possède pas les habiletés pour déjouer quelques joueurs dans une montée à l’emporte-pièce, il n’a pas à le faire. On aime beaucoup mieux qu’il garde son jeu simple et efficace. On ne demande pas aux joueurs d’être «flashy», on veut qu’ils fassent la job. Par exemple, lorsqu’un défenseur fait fréquemment une bonne première passe et que la sortie de zone se déroule efficacement, c’est une note positive à son dossier. Il garde sa game simple, ce qui permet au jeu de progresser. Dans le cas contraire, s’il tente de transporter la rondelle trop souvent en sortie de zone et qu’il la perd la moitié du temps, c’est une note négative à son dossier. Il faut donc que les jeunes joueurs apprennent à reconnaître les situations de matchs et à ajuster leurs actions en conséquence. Le spectacle, c’est de l’extra, c’est le fun. Mais au final, on veut des résultats. Il faut penser en terme de taux de réussite. À quel point je réussis les jeux que je veux faire? Si j’essaie ce jeu et que je le manque, est-ce que je vais mettre mon équipe dans l’embarras? Cela vaut-il la peine d’être essayé? Au fil du temps, le joueur peut essayer de sortir de sa zone de confort. Par exemple, un défenseur étant plus défensif que offensif de nature peut tranquillement commencer à être le quatrième homme à se joindre à l’attaque. Il deviendra ainsi un joueur plus complet, un joueur qui saura s’adapter à plus de situations.

L’implication dans le match est primordiale à l’évaluation du joueur.

On cherche à voir si le joueur est proactif durant le match, s’il bouge ses pieds. Cette implication est recherchée sur 200 pieds, c’est à dire dans les deux sens de la glace. Un joueur qui se donne son 110% autant avec la rondelle que sans celle-ci, c’est ce qui est souhaité. Être proactif ne veut pas dire courir partout, il s’agit là d’une nuance bien importante. Un joueur qui patine seulement quand il a la rondelle, ça calme l’excitation et l’engouement d’un dépisteur assez rapidement. Dans le hockey rapide d’aujourd’hui, les joueurs doivent être prêts à embarquer dans toutes les situations de jeu. La polyvalence est un outil extrêmement utile pour un joueur. Cela offre des opportunités (avantage et désavantage numérique), plus de temps de glace et une confiance souvent augmentée de l’entraîneur. On cherche aussi à ce que le joueur offre une prestation de soixante minutes, c’est à dire qu’il nous prouve qu’il a les capacités de performer à la même intensité de la première à la dernière minute de jeu.

Il est maintenant temps d’aborder le jeu sans la rondelle.

D’abord, le positionnement est inhérent au hockey. Un joueur qui est bien positionné aura davantage d’occasions et il sera plus facile pour lui de se démarquer. On cherche des joueurs qui se démarquent, qui donnent des options de passe au porteur et qui le supportent. On aime aussi les joueurs qui sont réveillés, qui sont capables de détecter les espaces qui s’ouvrent spontanément à eux. Par exemple, un ailier qui trouve un espace «top circle» lorsque son coéquipier est en possession et qui est déjà prêt à décocher avant même d’avoir la rondelle montre qu’il a la «shooting mentality», qu’il veut marquer des buts et qu’il est prêt à décocher rapidement.

Malgré l’évolution du hockey au fil des années, le jeu physique est encore important.

Par jeu physique, on ne veut pas nécessairement dire jouer aux gros bras, ni se battre. Plusieurs facettes d’un match peuvent être considérées comme de l’implication physique. À titre d’exemple, aller devant le gardien pour lui voiler la vue risque de faire en sorte que le joueur qui le fera sera bousculé. Il devra batailler pour y rester et ainsi faire son travail. Une autre situation fréquente est d’arriver premier sur une rondelle libre, même si le joueur sait qu’il sera frappé. Puis, il y a les situations pour donner des coups d’épaules, que ce soit pour séparer le joueur de la rondelle ou pour amener de l’énergie. On désire voir des joueurs qui ont un désir de vaincre, de faire une différence et de gagner leurs batailles à un contre un. À ce niveau, on ne peut pas se permettre de repêcher des joueurs qui ont peur.

Vitesse. C’est souvent le mot qui ressort quand on entend parler du hockey moderne.

Se déplacer rapidement est crucial sur la glace. Les composantes du coup de patin sont segmentées. Tout d’abord, l’explosion. Le joueur est-il capable de décoller rapidement. Ses trois premiers steps sont-ils rapides? Est-il capable de se détacher de ses adversaires? L’explosion est souvent un aspect que les joueurs d’âge Midget veulent améliorer. Il n’y a pas de secret, l’explosion se travaille principalement dans le gym. Ensuite, on s’attarde au jeu de pieds des défenseurs. À quel point est-il à l’aise dans ses changements de directions? Lorsqu’il glisse sur la ligne bleue avec la rondelle pour s’ouvrir une ligne de tir? Lorsqu’il doit patiner rapidement vers l’arrière en contrant un attaquant en possession? Finalement, la puissance au niveau des jambes conclut les facettes du coup de patin. Parfois, un joueur d’âge Midget peut sembler manquer de vitesse. Il faut alors se demander si c’est sa poussée qui est problématique ou bien s’il manque de force physique. Un problème au niveau de la poussée est inquiétant. C’est possible de la corriger, mais il s’agit d’un travail de longue haleine. Un manque de force dans les jambes est moins alarmant. En prenant de la maturité physique, le jeune hockeyeur va se renforcer et son coup de patin en bénéficiera. Bref, un bon coup de patin est un élément essentiel pour se démarquer sur la glace et il faut sans cesse travailler à devenir plus rapide pour compétitionner aux niveaux supérieurs.

En somme, l’attitude d’un joueur en dit beaucoup.

L’impression que le joueur donne sur la glace de par son langage non-verbal n’est pas à sous-estimer. Il faut garder en tête que les dépisteurs voient jouer des centaines de joueurs par année. Quand un nom ressort dans les discussions, les recruteurs ont une image mentale du joueur en question. Oui, son évaluation sur les critères d’équipe est mise de l’avant. Mais ce qui ressort souvent en premier, c’est l’identité du joueur. Chez les attaquants: playmaker, shooter, offensif, two-way, défensif, shutdown, joueur d’énergie etc. Chez les défenseurs: stay-home, two-way, hard nose, offensif, two-way, défensif etc. Il est important d’avoir une identité comme joueur. Ce n’est pas normal de voir un joueur pendant plusieurs matchs et de se demander quel est son rôle. On scrute la «vibe» sur la glace. Est-il constant ou plutôt soft? Dédié ou paresseux? Cette réputation, c’est l’image que vous projetez. Il est donc important de donner une image de vous qui est attrayante. Elle dicte souvent si on a le goût d’embarquer avec vous dans le projet ou si on préfère passer notre tour.

Avec tous ces critères, vous réalisez que l’évaluation d’un joueur de hockey s’avère plutôt complexe.

Vous n’êtes pas au bout de vos peines, les critères et les éléments analysés en situation de match n’ont pas tous été énumérés! En tant que joueur, je vous conseille de montrer votre couleur, une identité qui vous est propre. Peu importe votre identité, sachez que le hockey est une game d’émotions. Les joueurs qui jouent avec coeur connaissent généralement du succès. Comptez-vous chanceux, cette intensité, elle n’a rien à voir avec le talent. C’est à vous de voir à quel point vous êtes prêts à faire des sacrifices pour atteindre les plus hauts sommets!

Au plaisir de travailler avec vous vers l’atteinte de vos objectifs.

Jérôme Charbonneau
Consultant sportif chez Optimize Sport
Dépisteur pour les Voltigeurs de Drummondville (LHJMQ)
Étudiant au baccalauréat en psychologie à l’Université Laval
Assistant de recherche au laboratoire de psychologie de la perception de l’Université Laval

Coordonnées Optimize Sport
info@nulloptimizesport.com
819-552-0808

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